Rita Inés Sellarés Blasco

Rita Sellarés : «Sans récifs coralliens, il n’y a ni plages, ni tourisme, ni avenir pour les Caraïbes»

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Pie de foto: Rita Inés Sellarés Blasco

 

Les récifs coralliens de la République dominicaine traversent l’une des périodes les plus critiques de leur histoire.

Maladie de perte de tissus des coraux durs (SCTLD), épisodes répétés de blanchissement liés au changement climatique, disparition d’espèces essentielles à l’équilibre des écosystèmes : autant de menaces qui accélèrent un déclin mettant en péril non seulement la biodiversité marine, mais également la pêche, la protection des côtes et l’industrie touristique.

Face à cette urgence environnementale, la Fondation Dominicaine d’Études Marines (FUNDEMAR) s’est imposée comme l’une des principales organisations dédiées à la recherche, à la conservation et à la restauration des écosystèmes marins du pays. À sa tête, Rita Sellarés, biologiste marine d’origine espagnole installée depuis plus de vingt ans en République dominicaine, mène un combat qui dépasse largement les frontières de l’île.

 

« Plus de 95 % des récifs évalués présentent moins de 10 % de corail vivant. »

 

Aujourd’hui, la majorité des récifs dominicains sont dominés par les algues. La biomasse des poissons diminue et le renouvellement naturel des colonies coralliennes est quatre fois inférieur à celui observé il y a quelques décennies.

Les chiffres sont alarmants, mais pour Rita Sellarés, ils ne doivent pas conduire au fatalisme.

Restaurer un récif, ce n’est pas seulement planter des coraux

Pour la directrice exécutive de FUNDEMAR, la restauration des récifs ne peut se limiter à compter le nombre de coraux transplantés.

« Il ne suffit pas de planter des coraux. Il faut restaurer l’ensemble de l’écosystème », explique-t-elle.

Cette vision repose sur une approche scientifique globale : protéger les colonies naturellement résistantes, restaurer les zones dégradées, mesurer l’impact écologique réel des actions entreprises et associer les communautés locales aux efforts de conservation.

Depuis plus de vingt ans, FUNDEMAR surveille les récifs, les mangroves et les herbiers marins dominicains. L’organisation a également développé des programmes de reproduction assistée des coraux et de suivi scientifique, devenant une référence régionale en matière de conservation marine.

 

 

Rita Inés Sellarés Blasco

 

«Un combat qui se joue sur plusieurs générations»

 

Les grands coraux constructeurs de récifs, comme Orbicella et Acropora, figurent parmi les espèces les plus menacées.

Certaines colonies ne grandissent que d’un à deux centimètres par an. D’autres, plus rapides, atteignent une dizaine de centimètres annuellement. Pourtant, malgré leur croissance, beaucoup ne se sont jamais remises de leur effondrement dans les années 1980.

Dans des conditions idéales, un corail peut mettre entre six et dix ans avant d’atteindre sa maturité reproductive. Mais avec les maladies, les épisodes de blanchissement et la hausse des températures océaniques, la récupération naturelle des récifs pourrait nécessiter des décennies, voire des siècles.

Pour Rita Sellarés, préserver les colonies encore vivantes constitue désormais une priorité absolue.

 

 

«Sans récifs, nous perdons l’économie du pays»

En République dominicaine, les récifs coralliens ne sont pas seulement des trésors écologiques. Ils sont aussi des infrastructures naturelles indispensables.

Ils protègent les côtes contre l’érosion et les tempêtes, favorisent la formation des plages, abritent des milliers d’espèces et soutiennent des secteurs économiques essentiels, tels que la pêche et le tourisme.

« Sans récifs coralliens, nous perdons nos plages, notre biodiversité et une grande partie de notre économie », rappelle Rita Sellarés.

Dans les Caraïbes, où des millions de personnes dépendent directement des ressources marines, la conservation des récifs n’est plus uniquement une question environnementale : elle est devenue une nécessité économique et sociale.

 

 

Rita Inés Sellarés Blasco

 

Chaque visiteur peut devenir un allié

Pour la directrice de FUNDEMAR, la protection des océans ne relève pas uniquement des scientifiques ou des gouvernements.

Ne pas jeter de déchets, choisir des opérateurs touristiques responsables, utiliser des protections solaires respectueuses des récifs ou encore soutenir les communautés côtières sont autant de gestes qui contribuent à préserver ces écosystèmes fragiles.

« On ne protège que ce que l’on connaît et ce que l’on aime », rappelle la philosophie de FUNDEMAR.

 

 

Rita Inés Sellarés Blasco

 

Un enjeu mondial

Alors que le changement climatique redessine progressivement les océans, le combat mené par FUNDEMAR à Bayahibe et sur les côtes dominicaines dépasse les frontières nationales.

Il nous rappelle qu’un récif corallien n’est pas seulement un assemblage d’organismes marins. Il est une barrière contre les tempêtes, un refuge pour la vie, une source de revenus pour des milliers de familles et un patrimoine commun de l’humanité.

Et si les récifs disparaissent, ce n’est pas seulement une partie des Caraïbes qui s’éteindra.

C’est une part de notre avenir collectif.

 

 

Web de Fundemar:
https://www.fundemardr.org/

 

 

Ángela Carrasco

Periodista especializada en comunicación digital, periodismo tradicional y relaciones públicas, con una sólida trayectoria que combina más de 15 años de experiencia en la gestión de contenidos editoriales y recursos humanos.
Es licenciada en Ciencias Humanas, mención Comunicación Social y Periodismo, por la Universidad Autónoma de Santo Domingo (USAD). Posteriormente realizó un postgrado en Relaciones Públicas en la Universidad Católica de Santo Domingo, y en 2013 obtuvo una maestría en Comunicación Digital en la Universidad a Distancia de Madrid (UDIMA).

Desde julio de 2021 se desempeña como periodista y coordinadora de contenidos en la revista Soy Caribe Premium. A partir de 2022, amplió su labor periodística colaborando con el medio Dominicanos X Europa, en el que desarrolla reportajes y entrevistas orientados a la diáspora dominicana en España. A partir de su residencia en España, también colabora como periodista en el medio digital español, Interbenavente.



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